Il fait froid, et je suis dehors, là, assise sur ce banc en pierre, celui de notre adolescence, à t’écrire cette dernière lettre comme je me l’étais promis. Je suis à la fois dégoûtée et furieuse ; dégoûtée d’avoir été ainsi trompée et furieuse contre moi-même d’avoir cru à tes multiples promesses. Tu m’avais promis qu’on s’écrirait toutes les semaines et maintenant, je me retrouve à converser seule depuis six mois. Tu m’avais promis qu’on se reverrait souvent mais qu’en est-il, depuis ce jour, celui pendant lequel j’ai pleuré pour toi… Je te mentirai si je disais que tu ne me manques pas, je te mentirai si je te disais que je ne t’aime plus comme avant mais je te mentirai aussi si je te disais que je ne t’en veux pas. Je ne saurai te décrire ce que je ressens en ce moment. J’aurai voulu que jamais cet instant arrive, celui où je t’écrirai quand j’en avais marre d’attendre après toi, mais maintenant, c’est le cas. C’est fini à présent. J’ai décidé de t’oublier et de ne plus vivre dans le passé… Vu que c’est ce que tu sembles avoir déjà fait de ton côté. Et c’est comme ça, sur ces derniers mots au goût amer de l’adieu, que je t'abandonne à mon tour dans mon passé. Et cela pour toujours. Mais tu resteras tout de même mon meilleur souvenir.
Mon futur est encore une page
blanche qui n’attend que moi pour que j'écrive
dessus.
Adieu.


